Correction des erreurs et interférences linguistiques

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Correction des erreurs et interférences linguistiques

Message  mhouari le Jeu 30 Avr - 4:58

CORRECTION

[GPS : Après cinquante mètres, tournez à droite !]
Le jeune homme : Pourquoi allez-vous par là ?
Le chauffeur de taxi : Parce que c'est plus rapide monsieur.
Le jeune homme : Ce n’est pas plus rapide, c'est plus long. Je connais Paris quand même !
Le chauffeur de taxi : C'est plus long peut-être, mais c'est plus rapide (cohérence : la règle de non-contradiction n’est pas respectée). Et il me signale qu’il y a un bouchon là devant, on l'évite. (cohérence : la règle de la relation est mal gérée).
Le jeune homme : Qui vous signale qu'il y a un bouchon ?
Le chauffeur de taxi : L'appareil, le GPS là.
Le jeune homme : Comment il sait qu’il y a un bouchon ?
Le chauffeur de taxi : Ah je ne sais pas comment il sait mais c'est sûr qu'il sait (cohérence : la règle de progression n'est pas respectée), hein. Vous savez cet appareil-là est plus futé que Bison Futé. Je suis obligé de le suivre.
Le jeune homme : Et moi, je vais suivre qui ?
Le chauffeur de taxi : Celui que tu payes ! [Rires]
Le jeune homme : Et cela fait longtemps que vous travaillez avec cette machine ?
Le chauffeur de taxi : Non, pas longtemps. Vous vous rendez compte ! J'ai dû passer quatre fois l'examen pour être chauffeur de taxi à Paris.
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Le chauffeur de taxi : Alors qu’aujourd'hui, les jeunes passent une journée de stage pour apprendre à manipuler cette machine et ils deviennent chauffeurs de taxi dans n'importe quelle ville de leur choix : Bordeaux, Marseille, Paris, Angers… là où ils veulent.
Le jeune homme : Donc vous êtes en train de me dire qu'on n’a plus besoin de connaître l'espace et la ville pour devenir chauffeur de taxi.
Le chauffeur de taxi : Exactement, exactement ! Vous savez aujourd'hui, je conduis une machine sous les ordres d'une autre machine. Il viendra un jour où même moi, je me transformerai en machine. Il y aura des taxis sans chauffeur, sans volant, sans tableau de bord…
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Le chauffeur de taxi : Voilà ! Elle me donne des ordres et je suis obligé de m’y plier. C'est ça le progrès !
Le jeune homme : Donc la personne qui connaissait le mieux la ville, en l’occurrence le chauffeur de taxi, n'a plus besoin de la connaître.
Le chauffeur de taxi : Eh oui, eh oui. C'est malheureux ! Il y a des étrangers qui viennent, qui donnent des adresses sans savoir que ce sont celles de quartiers mal famés. Et bien moi, j'avertis mes clients : « vous êtes sûrs que vous voulez aller là-bas ? C'est dangereux. Attention ! » Eh ben des fois, ils se rétractent. C'est à moi de conseiller mes clients !
Le jeune homme : Ah ! Parce que le GPS ne donne pas l'identité du lieu ?
Le chauffeur de taxi : Ah ! Il s'en moque, lui ! On lui indique l'adresse et il vous y emmène. S’il y a des assassins qui vous attendent là-bas, le GPS ne bougera pas, hein ? Non ! Mais c'est comme ça !
Le jeune homme : Et vous n’avez pas l'impression que cela réduit votre sens de l'orientation ?
Le chauffeur de taxi : Ah beaucoup ! Et en plus cela engendre de nouvelles maladies! Vous savez quand je marche tout seul, eh bien je me dis de temps en temps : « A droite. A gauche. Va tout droit ! A trois cents mètres, tu vas trouver le Monoprix. »
[GPS : Après trois cents mètres, traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis…]
Le chauffeur de taxi : Comme elle ! Je me parle comme si elle me parlait. Et quand je suis avec ma femme, eh bien, on s'amuse à ça. Je lui dis : « Tourne à droite ! Va à gauche ! Avance encore sur trois cents mètres !»
Le jeune homme : Donc l'espace est uniquement quantifiable.
Le chauffeur de taxi : Oui, on l'observe comme un géomètre. On mesure, on tourne. Ce n’est plus une balade.
[GPS : Traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis restez sur la file de gauche.]
Le chauffeur de taxi : Si au moins elle me disait : là, il y a de belles fleurs, un beau lac. Arrête-toi ! Non! Elle répète sans cesse : à droite, à gauche, tout droit. C'est comme ça!

mhouari

Messages : 30
Date d'inscription : 14/04/2009

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum