Transcription du reportage à imprimer pour correction des interférences linguistiques

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Transcription du reportage à imprimer pour correction des interférences linguistiques

Message  mhouari le Dim 26 Avr - 12:52

TRANSCRIPTION DU REPORTAGE: Où, quand, comment?

1.Séquence dans le métro :

Jeune homme : Vous utilisez souvent le métro, vous ? […] Vous pouvez imaginer à quelle vitesse il est ? […] Ça vous fait quoi de traverser Paris sans la voir ? […] Il parait ça influe sur notre état d'esprit. Processus : peu importe. C'est le résultat final, la station qui euh… […] Vous savez où on est exactement à Paris, là ? Parce souvent on peut s'orienter. J'ai jamais su où je suis à Paris quand je suis dans le métro. Je sais dans le plan, mais jamais j'ai pu me dire à ce moment-là, je suis telle rue… Jamais réussi. […] Vous voulez pas me répondre ?

Jeune femme :
Allô ! Je t'entends très mal, je suis dans le métro. Je suis à deux stations. Ah je peux pas faire plus vite hein, je te signale que la vitesse ne dépend pas qu' de moi ! T'es où ? C'est à quinze mètres de la sortie. D'accord. Donc, on peut dire qu'on va se retrouver dans dix, quinze minutes. Ok. Alors à tout à l'heure. En fait, à tout de suite. Ok.

Voix off :
Dans le métro, j'ai l'impression que personne n'est là, que tout le monde est en mouvement. Quand je rentre dans le métro, je pense déjà à en sortir. Et en sortant, je sais que je devrais y revenir. Dans le métro, on est déjà ailleurs. Tout le monde est pressé. Tout le monde court derrière le temps. Personne n'a le temps de prendre son temps. Notre temps est un temps où le temps est tant important. De temps en temps, j'ai l'impression de perdre la notion du temps au point de ne plus savoir où je suis, quand je suis et comment je suis, chose qui me fait très peur.

On est tellement pressé qu'on monte des escaliers qui montent, on marche sur des sols qui roulent, même debout à l'arrêt on avance comme s'il était interdit de s'arrêter, ou d'attendre. Vous remarquez que lorsqu'on attend, on pense qu'au temps qu'on attend.
Avons-nous le temps de nous orienter dans le métro ? Dans le métro, avant même de se perdre, avant même de chercher notre voie, une enseigne nous l'indique, une voix nous le dicte. Autrement dit, nous n'avons ni le temps, ni les moyens de nous perdre. Le métro est fait pour ça : le moyen de transport dans lequel on attend pas.

J'ai pas le temps. On a pris du temps. Je veux avoir le temps. Donne-moi de ton temps ! Passer le temps. Prendre du temps. Trouver du temps. Chercher du temps. J'ai pas le temps. On a pris du temps. Je veux avoir le temps. Donne-moi de ton temps. Passer le temps. Mais lorsqu'on attend, on pense plus qu'au temps qu'on attend qu'à la personne qu'on attend. Tu m'as fait attendre. Se faire attendre. Être en attente. Attendez-moi ! Attendez ! Attendez-le ! Attendre. Attendons ! Attendez ! Attends ! A temps. Phonétiquement parlant on entendrait presque le contraire du temps. On ne peut plus attendre. On ne veut plus attendre. On ne sait plus attendre. Le temps. Le temps. Le temps. Le temps. Le temps. Le temps. Le temps. Le temps. Pour cela on se déplace non pas à travers des chemins, des parcours, des rues et des ruelles, mais à travers des couloirs, à travers des tubes, des tuyaux, des tunnels.

2.Séquence dans le Taxi

[GPS : Après cinquante mètres, tournez à droite !]
Jeune homme : Pourquoi vous allez par là ?
Chauffeur de taxi : Parce que c'est plus rapide monsieur.
Jeune homme : C'est pas plus rapide, c'est plus long. Je connais Paris quand même !
Chauffeur de taxi : C'est plus long peut-être, mais c'est plus rapide. Et il me signale qu'y a un bouchon là devant, on l'évite.
Jeune homme : Qui vous signale qu'il y a un bouchon ?
Chauffeur de taxi : L'appareil, le GPS là.
Jeune homme : Comment y sais qu'y a un bouchon le GPS.
Chauffeur de taxi : Ah je ne sais pas comment il sait mais c'est sûr qu'il sait, hein. Vous savez cet appareil-là, il est plus futé que Bison Futé. Moi, je suis obligé de le suivre.
Jeune homme : Et moi, je vais suivre qui ?
Chauffeur de taxi : Celui que tu payes ! [Rires]
Jeune homme : Et ça fait longtemps que vous travaillez avec cette machine ?
Chauffeur de taxi : Non, pas longtemps. Vous vous rendez compte ! Moi j'ai passé quatre fois l'examen pour être, pour être chauffeur de taxi à Paris.
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Chauffeur de taxi : D'accord. Alors les jeunes aujourd'hui, ils passent une journée de stage pour apprendre à manipuler cette machine et ils sont chauffeurs de taxi dans n'importe quelle ville qu'ils veulent : Bordeaux, Marseille, Paris, Angers… là, où ils veulent
Jeune homme : Donc vous êtes en train de me dire qu'on a plus besoin de connaître l'espace et la ville pour être taxi dans la ville.
Chauffeur de taxi : Exactement, exactement ! Vous savez aujourd'hui, moi je conduis une machine sous les ordres d'une autre machine. Y viendra un jour où moi-même ils me transformeront en machine. Y aura des taxis sans chauffeur, sans volant, sans tableau de bord…
[GPS : Après trois cents mètres, tenez la droite puis, prenez la deuxième à gauche.]
Chauffeur de taxi : Voilà, elle me donne des ordres et je suis obligé de suivre ça moi. C'est ça, c'est ça le progrès !
Jeune homme : Donc la personne qui connaissait le mieux la ville n'a plus besoin de la connaître qui est le chauffeur de taxi.
Chauffeur de taxi : Et oui, et oui. Et ça c'est malheureux, hein ! Ça c'est malheureux, hein ! Y'a des étrangers qui viennent, ils donnent des adresses comme ça et ils savent pas que c'est un quartier mal famé. Et ben moi, j'avertissais mes clients : « vous êtes sûrs que vous voulez aller là ? C'est pas bien. Attention ! » Et ben des fois, ils se rétractent hein. C'est à nous de conseiller nos clients !
Jeune homme : Ah parce que le GPS ne donne pas l'identité du lieu.
Chauffeur de taxi : Ah ! Le GPS y s'en fout lui ! On lui met l'adresse et vous amène à l'adresse. Si y a des assassins qui vous attendent là-bas, lui le GPS y bougera pas, hein ! Non, mais c'est comme ça.
Jeune homme : Et ça vous pas, vous avez pas l'impression que ça réduit votre sens de l'orientation.
Chauffeur de taxi : Ah beaucoup ! Mais ça me développe des maladies nouvelles, hein. Vous savez quand je marche tout seul, et ben je me dis de temps en temps « A droite. A gauche. Va tout droit ! A trois cents mètres, tu vas trouver le Monoprix. »
[GPS : Après trois cents mètres, traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis…]
Chauffeur de taxi : Comme elle. Je me parle comme elle me parle. Et quand je suis avec ma femme, et ben on s'amuse à ça. Je lui dis : « Tourne à droite ! Vas-y à gauche ! Vas-y encore trois cents mètres !» Eh !
Jeune homme : Donc l'espace est devenu quantitative uniquement.
Chauffeur de taxi : Non, c'est devenu une sorte de musique comme ça, de géomètre. On mesure, on tourne. C'est plus une balade.
[GPS : Traversez le rond-point. Troisième sortie. Puis restez sur la file de gauche.]

Chauffeur de taxi : Si elle me disait voilà, y a de belles fleurs là, y a un beau lac. Arrête-toi ! Tu vas te… non. A droite, à gauche, tout droit. C'est comme ça.

3.Séquence au téléphone

Abidgi: Allô Khaled, c'est Abidgi. Ouais. Tu es où ? Je t'attende, ouais je t'attende ici.
Khaled : Je suis là. T'es à Montmartre.
Abidgi : Oui je suis à Montmartre.
Khaled : Ça va ?
Abidgi : Oui ça va. Je t'attende il y a trente minutes.
Khaled : Ah, il fait chaud ici !
Abidgi : Ah, il fait très chaud.
Khaled : T'as reçu mes appels en absence ?
Abidgi : Non, pas du tout.
Khaled : Attends ! Ne quitte pas, ne quitte pas ! J'ai un appel, j'ai un double appel. Allô, Yannis ? Oui, t'es où ? T'es à Alger. [Mots en arabe] Et, il fait chaud là-bas, hein ?
Yannis : [Il parle en arabe.]
Khaled : Et t'as vu ça ! Il fait chaud, hein ? Et à Alger, comment ça s'est passé ?
Yannis : Et bien, ça dépend, on sort, ben la routine quoi. Le club des pins.
Khaled : Club des pins, ça fait longtemps
Yannis : [Il parle en arabe]
Khaled : Laisse, attends deux secondes ! J’ai un ami en double appel, je vais lui dire, on va tous à Alger. Ok ? Ne quitte pas, hein ! Allô Abidgi ?
Abidgi : Oui Khaled.
Khaled : Ça va ?
Abidgi : Oui ça va.
Khaled : Écoute, y a un ami qui est venu avec nous à Paris.
Abidgi : Hein, hein.
Khaled : On va, y nous invite pour partir tous à Alger.
Abidgi : Allez, tout de suite.
Khaled : Allez, on y va tous. Vite ! Ciao.
Abidgi : Ciao.

Voix off : Je sais pas si vous attendez un taxi, un métro ou un appel. En tout cas moi, j’attends Impatiemment le temps de la téléportation.

mhouari

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Date d'inscription : 14/04/2009

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